Standards CrossFit, une blague ou une claque ?
- 1 juin
- 4 min de lecture

État des lieux du CrossFit
CrossFit, marque privée inventée et déposée par Greg Glassman et sa femme de l'époque Lauren Jenai en 2000.
Depuis, CrossFit et sa méthodologie n'ont cessé de croître, et encore plus depuis l'avènement des CrossFit Games. Les premiers « Games » font leur apparition en 2007 et sont remportés par James Fitzgerald (actuel dirigeant d'OPEX) et Jolie Gentry.
D'un événement local dont le but était de tester le plus « Fit » de tous les compétiteurs qui pratiquaient le CrossFit (USA principalement), nous sommes arrivés aujourd'hui à un événement majeur et mondial, relayé par ESPN aux USA et YouTube à travers le monde entier.
Lorsque l'on parle de compétition, on parle forcément de règles, que nous appellerons ici standards. Cela nous mène irrémédiablement aux fameux « NO REP » si souvent utilisés par un nombre incalculable de coachs. Oui, mais pas que…
Ces standards sont-ils toujours raisonnables, voire acceptables ?
Mais plus encore, sont-ils adaptés à la pratique de tout le monde, ou de tous les jours ?
Voilà tout l'intérêt de cet article, où je souhaiterais personnellement émettre mon opinion.
Passion ou Raison ?
Chacun d'entre nous a eu SA rencontre avec le CrossFit et SON histoire. Il en résulte souvent 2 états : la Passion ou la Raison…
La Passion
Le CrossFit s'accroche au plus profond de nous et fait désormais partie de notre discours. On cherche à convertir tout le monde autour de nous, en expliquant chaque détail par lequel le coach nous a fait passer. Incluant bien évidemment les fameux « NO REP ».
Beaucoup se reconnaîtront ici, et moi-même : j'ai longtemps littéralement plongé dans la passion dévorante du CrossFit. Quitte à souffrir jour après jour sans jamais me reposer, et à aller sans arrêt plus loin chaque jour.
On finit par « coacher » un peu son entourage, et la première chose sur laquelle on insiste lourdement, ce sont les standards… : « il faut descendre plus bas ! il faut lancer plus haut ! ça ne compte pas, tu recommences… ». Le meilleur moyen de faire en sorte que beaucoup ne reviennent pas… ou soient frustrés au point de faire partie des « Haters » du CrossFit.
Puis vient logiquement le Level 1. On découvre de nouveaux enjeux, tels que la mécanique du corps et surtout l'intensité relative…
La Raison
Et là commence un long moment de réflexion, qui peut prendre des années chez certains coachs à comprendre.
C'est pourtant là, devant nos yeux : « Mechanic, Consistency, Intensity ».
L'équation commence à se résoudre d'elle-même : ce ne sont pas les standards qui commandent, mais bel et bien la mécanique du corps !
Pourquoi forcer quelqu'un à descendre plus bas sur un Air Squat, lorsque l'on sait très bien que tout va s'écrouler ?
Enseigner, coacher en CrossFit, ce n'est pas exécuter l'impossible, mais donner à la personne les moyens de s'améliorer à chaque séance un peu plus, jusqu'à ce que — peut-être un jour — elle arrive à passer ces « Bloody Wall Balls » selon les standards CrossFit.
Standards — à tort ou à raison ?
Le CrossFit est pluridisciplinaire et nécessite des années avant de maîtriser l'ensemble des mouvements proposés.
Bien évidemment, lors de compétitions, les standards se doivent d'être respectés, et c'est aux organisateurs de proposer les standards qu'ils estiment justes pour le niveau de compétition qu'ils organisent : Elite, RX, Scaled, Beginner.
Le CrossFit a une valeur qui lui est propre : ce sont les owners et les coachs qui vont décider par eux-mêmes de la valeur des standards qu'ils mettent en place. Pour autant, façonner certaines personnes bien décidées à finir premières du WOD à chaque fois peut coûter beaucoup d'énergie, de paroles, de tension, même parfois.
Pour autant, j'estime qu'être coach, c'est aussi faire acte de résilience et accepter que, peut-être, nous n'avons pas la bonne explication pour la bonne personne… ?
Pour ma part, voici mon opinion : le seul standard valable dans ce bel écosystème qu'est le CrossFit, c'est la QUALITÉ !
À partir du moment où une personne met 100 % de ses efforts à exécuter du mieux possible l'ensemble des mouvements proposés, 3 choses vont se produire :
1 : l'intensité « relative » va monter très fortement, même si les standards ne sont pas respectés.
2 : la constance dans cette qualité finira, tôt ou tard, par l'amener aux standards « institutionnels » du CrossFit.
3 : une fois les standards mémorisés comme un réflexe dans notre corps, alors l'intensité relative pourra laisser place à l'Intensité tout court.
Bien trop souvent, l'intensité est mise en exergue comme étant le Graal absolu. Et finir allongé, la nausée au bord des lèvres et incapable de se relever pendant 10 minutes, devient alors la norme…
J'avoue que, de ce côté, notre fameux « PUKIE » n'a pas toujours été d'un grand secours.
Il nous appartient, à nous coachs, d'être les gardiens de cette progressivité. Ainsi, nous pourrons espérer, dans un futur proche, populariser encore plus le CrossFit comme étant la méthode la plus inclusive existant jusqu'à présent.
Restons inspirés par tous ces athlète
s qui nous font rêver au quotidien, mais cessons de copier « bêtement » leurs entraînements sans pour autant comprendre le pourquoi de ce qu'ils font.
Nous avons tous un quotidien, un travail, des enfants, des responsabilités, qui font que nous ne sommes pas des professionnels du CrossFit — et certainement que la plupart d'entre nous ne le seront jamais.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur l'intensité et ses variables dans le CrossFit…
Mais c'est une autre histoire !
Coach R — Richard Valencin

